N°04  Dossier
Publié le facebooktwittergoogle_plusmailfacebooktwittergoogle_plusmail

Ces entrepreneurs qui font « bouger les lignes » !

Ces entrepreneurs qui font « bouger les lignes » !

Dans un environnement économique en perpétuelle évolution et marqué par une incertitude générale, les entreprises doivent s’adapter. Mais que signifie exactement « innover » quand les outils technologiques, les approches managériales, les pratiques financières, les méthodes de travail ou simplement l’environnement naturel se transforment ? Cette question, Juratimes l’a posée aux dirigeants jurassiens et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur capacité à s’adapter à la nouvelle donne est surprenante, basée sur une envie de se positionner dans l’avenir.

Groupes industriels internationaux, PME familiales, start-ups, associations… Dans le savoir-faire technique comme dans la gestion humaine, de plus en plus d’entreprises font bouger les lignes avec détermination et méthode.

Juratimes leur donne la parole… De belles histoires de femmes et d’hommes qui donnent confiance dans l’avenir.

L’impression 3D professionnelle nouvelle génération

David Lambert, O Jura 3D, Les Piards

1B1A7135 (Copier)Ce Haut Jurassien, sportif invétéré et amoureux des plateaux du Grandvaux, est né dans l’industrie et la transformation des polymères. Ajoutant l’impression 3D il y a 20 ans dans l’usine de son père mécanicien mouliste, à Jeurre, il a acquis un savoir-faire unique dans ce domaine.

Après plusieurs expériences locales et internationales, testant les diverses technologies d’impression 3D, il se concentre en 2016  sur la très haute qualité, les multi matériaux techniques et couleurs de dernière génération (souple/rigide/transparent/ABS numérique, Bi matières) et sera le premier en France à investir, aidé par la Banque Populaire, son partenaire financier historique, dans l’imprimante 3D la plus avancée au monde : « Je fais de l’impression 3D professionnelle de très haute définition à base de matières polymères. Sur une même pièce, je peux imprimer toutes les variétés de matières et de couleurs presque à l’infini et travailler sur un objet souple, transparent ou rigide, rendant possible la réalisation de pièces que l’on ne pourrait réaliser avec des outillages traditionnels»

Des matières techniques comme le PMMA transparent, la biocompatibilité ou l’ABS peuvent êtres simulés, un ABS numérique, idéal par ses performances mécaniques, pour la réalisation de posages ou pinces de préhenseurs robot mais également d’empreintes d’outillage proto dans lesquelles de petites séries peuvent êtres injectées en conditions réelles. « Ma force c’est ma réactivité et mon expérience : à la vitesse des chinois, mais avec la qualité et le sérieux Haut Jurassien ! »

Faisant partie d’un réseau de professionnels spécialisés qui se complètent, OJura3D est un prestataire précieux pour ses clients lunetiers, industriels du jouet, de la bijouterie, de la cosmétique, de la domotique, du luxe, du médical ou des designers. Certains projets commandés le matin peuvent même êtres retirés le soir…

Plus d’informations sur : www.ojura3d.com

Des produits de niche dans l’horticulture

Nicolas Monaci, Chavet, Lavancia

M-monaciCréée à Montcusel en 1942, en pleine guerre par son grand-père, la tournerie Chavet s’est orientée en 1962 vers l’injection plastique et c’est en 1996 que Nicolas Monaci reprend les rênes de l’entreprise. Trois ans plus tard, c’est le déménagement en zone industrielle de Lavancia. A cette époque, Chavet est sous-traitant des gros donneurs d’ordres du jouet et de l’automobile, mais dès 2004 c’est le choc : « L’industrie automobile s’est restructurée, nous avons perdu 80% de nos clients, il a fallu se diversifier très vite. »

Le rachat de Tarpin-Lyonnet à Moirans, spécialisée dans l’horticulture, offre une voie de sortie : « Ca m’intéressait parce que les produits étaient propres. » Cette activité représente aujourd’hui la moitié du chiffre d’affaires de la société : « Nous avons créé un réseau de cinq commerciaux et nous travaillons avec cinq grossistes, la confiance des clients est revenue. » Paradoxalement, ce sont ces mêmes clients qui vont montrer la marche à suivre : « Ils ont été eux-mêmes sources d’innovation en nous demandant d’améliorer les produits, nous sommes passés de sous-traitants à concepteurs-fabricants. »

Depuis 2009, Chavet n’arrête pas d’innover : godets pour chênes truffiers, jardinières design et fonctionnelles, pots micro-perforés pour sapins norman, pots pour colonnes à fleurs… Outre l’activité horticole et pépiniériste, la société a développé en partenariat avec un client des plastiques parfumés aux huiles essentielles, des bijoux de technologie, mais pour Nicolas Monaci pas question d’exploser : « Nous sommes a une taille critique 27 collaborateurs c’est bien et c’est pour le moment suffisant, car nous travaillons sur des produits de niche et il faut sans cesse se remettre en question et innover. ». A ce sujet, l’entreprise prépare actuellement un pot spécial pour les palmiers-datiers : « Ce marché va nous ouvrir sur le Maghreb, le projet se fait avec une entreprise du sud de la France qui cultive des palmiers in vitro. » Dernière précision, 100% des matières utilisées sont recyclées : imaginatifs, mais aussi écolos…

Plus d’informations sur : www.chavet.com

Une technologie unique en son genre !

Jean-Marc Sanguesa, Hypérion Laser, Pratz

1B1A7045 (Copier)Quand il reprend la gérance de DPH International en 2008 à Groissiat, Jean-Marc Sanguesa veut tout simplement continuer à faire son métier de mouliste, mais avec la technologie du conformal cooling : « Je voulais fabriquer des moules de précision performants intégrant différentes technologies : surmoulage d’insert, injection silicone, injection bi et tri matière, moule multi empreintes, etc… pour l’automobile, le médical, l’aéronautique, le sport.»

En 2008, il participe à deux projets de recherche pour l’intégration de la technologie du ‘conformal cooling’ obtenue par impression 3D pour optimiser la régulation dans les moules d’injection plastique et se dit qu’il y a quelque chose à faire dans ce domaine.

C’est parti, il achète une machine unique en son genre et en 2013 il crée la société Hypérion laser spécialisée dans la fabrication additive à base de poudre métallique. Aujourd’hui, il est le seul mouliste de France à avoir une imprimante 3D qui travaille l’inox PH1 grade médical et l’acier Maraging pour la fabrication de pièces mécaniques : « L’imprimante travaille couche par couche en ajoutant à chaque fois de la matière d’où le nom de ‘fabrication additive’, les couches d’une épaisseur de 0.05mm sont fusionnées les unes sur les autres pour obtenir des pièces définitives. »  Et pas n’importe quelles pièces ! Des moutons à cinq pattes impossibles à réaliser sans cette technologie : « Il existe une grosse demande pour l’impression en 3D, je travaille pour ma société DPH International, mais aussi pour d’autres moulistes ou des sociétés de transformation qui commandent des éléments intégrant la technologie du ‘conformal cooling’ car certains sociétés ont bien compris l’intérêt de l’intégrer dans les outillages puisque le gain en productivité peut atteindre 50% en réduisant de manière significative le temps de refroidissement. »

Jean-Marc Sanguesa fabrique également des pièces prototypes ou en petites séries pour différents secteurs d’activités et depuis 2 ans, il a créé Black Lys, une marque déposée spécialisée dans la fabrication de putters (club pour le golf) haut de gamme et personnalisable au gré de chaque pratiquant. Ses projets : investir d’ici 2 ou 3 ans dans une autre machine, développer les putters et… déménager pour des locaux plus grands, mais toujours dans le Jura.

Explications par Jean-Marc Senguesa :

Plus d’informations sur : www.hyperion-laser.com et www.blacklys-putters.com

L’obtention de la certification ISO 50001

MBF Aluminium, Saint Claude

Chez MBF Aluminium, l’énergie nécessaire à la production représente un poste de dépenses important. Il est donc devenu évident que des économies devaient être faites dans ce domaine.

En juin 2016, la direction a décidé d’engager l’entreprise dans une démarche de rationalisation des consommations énergétiques avec l’objectif affiché d’obtenir au premier trimestre 2017 la certification ISO 50001. Dans cette optique, l’entreprise a dû mettre en place un système de management particulier portant sur les usages et postes de consommation énergétique, la définition et la mise en œuvre d’actions d’amélioration ainsi que la mesure de leur efficacité. Une équipe a été désignée pour animer et réussir ce projet sachant que la mise en place de la démarche a demandé un travail d’analyse important. Le 31 mars – très récemment – MBF Aluminium a été certifiée ISO 50001, l’une des premières dans le secteur de la fonderie.

Plusieurs actions sont donc prévues dans l’avenir : récupération de la chaleur émise par le nouveau compresseur pour le chauffage d’une partie de l’atelier, optimisation de l’isolation des fours de maintien (coque isolante, couvercle de fermeture de la trémie), mise en place d’un système d’optimisation du mélange air/gaz des fours de fusion afin d’améliorer leur rendement, optimisation de la charge des presses et des fours, entre autres…

Une démarche participative est également engagée avec le personnel. L’objectif : récupérer les idées des uns et des autres visant à améliorer les conditions de travail sous toutes leurs formes, y compris les gaspillages énergétiques. Une équipe récolte les propositions, les étudie, veille à leur réalisation et une prime vient gratifier ceux qui en sont les initiateurs.


Plus d’informations sur : www.mbfaluminium.fr

Les tiers-lieux, espaces de travail et de bien-vivre collaboratifs

La Cordée à Morez

rencontre_rh_221014Le « coworking » ou espace de travail collaboratif a fait son apparition dans le Haut-Jura en 2013 avec l’ouverture à Morez de la Cordée, un espace dédié aux travailleurs indépendants et aux télétravailleurs. Les locaux refaits à neuf par la communauté de communes Arcade ont été mis à la disposition de la Cordée, entreprise qui gère déjà onze gros espaces en France, mais aucun en milieu rural.

Une première donc qui a bien fonctionné jusqu’à l’automne 2016, quand l’animateur du lieu a créé sa propre entreprise. Résultat, c’est l’association Cité Haut-Jura (créée en 2011) et ses quatre salariés qui ont pris le relais. Sarah Persil, chargée de mission rappelle que le coworking est la mise au service des travailleurs indépendants (une vingtaine auxquels s’ajoutent quelques utilisateurs ponctuels), souvent isolés, d’un espace commun où ils peuvent venir avec leur ordinateur et travailler, bien sûr, mais également échanger avec d’autres sur des problématiques semblables : « Notre rôle est de faire de ce lieu un endroit convivial où les gens ont plaisir à venir. C’est également de mettre en relation les utilisateurs pour qu’ils puissent élargir leur réseau. » Accueil, café, mise à disposition de salles, échanges sous toutes formes : repas, conférences, ateliers sur place…

Le mot d’ordre pour 2017 est aussi l’essaimage et l’accueil de demandeurs d’emploi.

Le projet V à Dole

A Dole, le projet V fourmilière des savoir-faire existe depuis 2014. Initié conjointement par l’architecte dolois Hervé Boudier et l’agence de communication GreenBox, il s’agit non pas d’une pépinière d’entreprises, mais plutôt d’un tiers-lieu : un hôtel d’entreprise, un espace de travail partagé, multi activité. Sous mandat associatif, Léo Bonnin, son président, insiste surtout sur l’aspect collaboratif et humain : « L’objectif est de réunir des gens qui ont des activités diverses dans les domaines de l’art, l’artisanat, la communication et de privilégier le bien-être. Tout est fait pour que les 25 entreprises présentes travaillent dans un cadre sympathique avec des repas en commun, des activités diverses, des parties de ping-pong, des espaces de détente. Il s’agit de créer du lien social pour faire de bonnes affaires par la suite. »

Le concept a le vent en poupe. Sur place se croisent architectes, tapissier, peintre décorateur, couturière et même une radio ; parmi les habitants également, un centre de formation. Il est également possible pour les entreprises et organisation extérieures de louer des salles. Tout ce monde signe une charte éthique basée sur les valeurs de bienveillance et de partage avec, à terme, l’idée de développer cette ancienne friche remplie pour l’instant aux trois quarts et de pouvoir financer un emploi pour l’animation du lieu qui se veut un endroit pour entreprendre et créer…