N°04  Le débat est ouvert
Publié le facebooktwittergoogle_plusmailfacebooktwittergoogle_plusmail

Êtes-vous prêts à intégrer la culture et la transformation digitale au sein de votre stratégie ?

Êtes-vous prêts à intégrer la culture et la transformation digitale au sein de votre stratégie ?

Les spécialistes le confirment, l’économie mondiale est bien entrée dans sa troisième révolution qui est celle du digital. Il s’agit d’un monde technologique nouveau au potentiel infini en termes de levier de croissance et de compétitivité, mais il s’agit aussi d’un univers relativement anxiogène – car méconnu, pour les entrepreneurs – qui leur demande innovation, investissements, formation, expertise. Il convient donc de revoir la sempiternelle formule : « On ne se lance pas dans le monde du numérique en claquant des doigts, le processus décisionnel est long et semé d’embûches » par cette autre : « Détrompez-vous, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y parait ! »

Le Jura, terre industrielle de savoir-faire et de technologie, s’est engagé depuis plusieurs années dans ce processus où le virtuel le dispute à la réalité : les millions de données qui circulent à chaque instant commencent à être captées, analysées et réutilisées, la gestion quotidienne des entreprises évolue et les technologies et compétences recherchées sont en pleine mutation. Jean-Baptiste Monnier, consultant et développeur explique ces transformations en une formule : « Le véritable défi est de profiter de l’omniprésence des données, aussi bien celles que nous possédons dans notre entreprise que celles provenant de l’extérieur. Le tout est de comprendre comment leur donner de la cohérence, de l’intelligence  ! » Par exemple, en formant les gens à chaque âge de leur vie, en investissant dans de nouvelles technologies, en acceptant aussi de s’immerger dans ce nouveau modèle économique.

Les freins sont encore nombreux : la résistance au changement, le coût ou peut-être l’absence de compétences en la matière. Pourtant, le digital génère chaque année de nouvelles start-ups et consolide maintes entreprises quelle que soit leur taille.

Juratimes vous propose les témoignages d’entreprises ayant choisi de franchir le pas : des réservations de loisirs en ligne ; une plateforme de financement participatif pour la fabrication de montres de luxe ; une nouvelle méthode de gestion des stocks de prêt à porter invendus ; une approche clients en ligne basée sur la haute qualité; etc. Autant de parcours qui ont pris un sens nouveau et qui montrent que ce n’est  pas si compliqué…

Le financement participatif

« Le financement participatif, une solution pour les petites entreprises » Clément Meynier, KOPPO, Pont de Poitte

IMG_6176En 2014, en parallèle de ses études et de son premier emploi, ce jeune jurassien de 28 ans originaire de Chambéria, décide de lancer sa propre start-up : l’atelier des montres qui deviendra en 2016 la société Koppo. Son idée : proposer des montres fabriquées dans les montagnes jurassiennes avec un cadran en marqueterie bois protégé dans un boitier en acier qui assure une étanchéité jusqu’à 30 mètres de profondeur, le tout garanti dix ans. Mais l’innovation consiste surtout dans une approche financière participative : «En novembre 2016, à partir de la plateforme Kickstarter, nous avons mis en place un système de précommandes à partir de prototypes, ce qui nous permet d’expliquer nos produits et de voir s’ils conviennent au public sans investir de grosses sommes dans une fabrication qui peut s’avérer aléatoire. Les clients peuvent passer commande avec une remise de 40% sur le prix de vente (soit 220€ pour une montre de 350€ environ). C’est une manière de récompenser le risque qu’ils prennent en nous faisant confiance. Nous avons séduit 788 contributeurs pour un montant total de 176373, soit environ 1000 montres commandées. »

Énorme succès puisque le tout s’est vendu en 32 jours dans une vingtaine de pays : « Nous avions au départ notre propre fichier clients et nous avons ensuite investi presque 15 000€ dans une communication sur Facebook. Ce système de financement est très intéressant pour une petite entreprise puisqu’il permet de réaliser un fonds de roulement que les banques refusent de financer. Pour nous, cet apport est capital puisque quand nous lançons une gamme, nous devons assurer à nos fournisseurs au moins 500 pièces. Avec ce système, nous pouvons tester nos prototypes avec un petit investissement avant de valider une fabrication et le client de son côté, participe au développement d’un projet sur des valeurs environnementales et de qualité assez fortes. »

Désormais, forte de cette expérience, Koppo lorgne vers les bijoux et la maroquinerie.

Plus d’informations sur : www.koppo.co

Une solution de gestion de vos invendus en ligne

« Une place de marché pour les stocks de vêtements invendus » Antoine Daloz, Trenders, Lons le Saunier

trenders-1Ils sont trois jeunes, Antoine Daloz de Messia, Louis Guichardot  et Jérémie Magnias d’Orgelet. Trois copains avec derrière eux des formations en digital, commerce ou innovation. Leur projet : faire quelque chose ensemble en unissant leurs savoirs. C’est comme ça qu’en novembre 2016 est née Trenders, une place de marché destinée à vendre les stocks de prêt à porter des magasins. Pour Antoine Daloz, ce projet répond à une réalité : « Trenders est une place de marché comme Amazon peut l’être, nous contactons les magasins indépendants qui, chaque fois qu’une nouvelle saison arrive, mettent leurs invendus dans le fond de leur boutique où ils s’entassent sans être vendus. Une perte économique puisque ces stocks dorment. Notre rôle est de vendre ces vêtements, nous les prenons en photo sur des mannequins et nous les proposons sur notre site internet, la transaction est sécurisée, le client peut se faire livrer le produit chez lui en payant des frais de port ou, s’il n’est pas trop loin, aller le retirer lui-même, ce qui génère un flux dans le magasin. Nous prenons une commission de 30%. »

Pour l’instant, Trenders travaille avec une dizaine de commerçants sur Lons, Bourg, Lyon, Annecy, Besançon et Dijon : « Nous sommes en phase de démarrage avec une dizaine de ventes par mois et près de 300 références, les débuts sont prometteurs. Pour être rentable, notre business-plan prévoit 25 commerces, nous avons choisi le prêt à porter pour ne pas nous disperser, mais le principe peut se décliner à l’infini.» Pour leur communication, ils ont choisi les réseaux sociaux et leur site en mettant en avant les magasins : « A moyen terme, il faudra trouver des fonds et des partenaires. Pour l’instant notre priorité est d’étoffer l’offre, c’est un commerce de masse, il faut générer beaucoup de ventes. »

Le principe expliqué en images :

Plus d’informations sur : www.trenders.fr

Une qualité de service et une gestion chirurgicale des données

« Savoir maîtriser une quantité phénoménale d’informations ! » Loïc Michaud, Jardi Déco, Beaufort

jardi déco photo

« Jardideco est une plateforme de vente créée en 2008, ce site propose tous les articles liés à l’équipement et l’aménagement du jardin : outillage, mobilier de jardin, piscine, barbecue, jeux pour enfants, mais sa particularité, c’est qu’il mise sur la qualité de l’accueil, du conseil à la clientèle, des fiches produits. Nous avons créé il y a trois ans un second site : piscineco, plus spécifiquement dédié à l’univers de la piscine, à travers ce site, nous voulons devenir le spécialiste de la piscine sur Internet. C’est un investissement énorme parce que nous avons 4000 produits et une quinzaine d’employés permanents, chiffre qui grimpe à une vingtaine en pleine saison. Une grosse partie du travail concerne le service clients auquel nous accordons une très grande importance et le service logistique pour assurer une excellente qualité de livraison.

Internet représente un canal de distribution de plus en plus important, mais la concurrence l’est tout autant, seul les entreprises avec un vrai savoir-faire survivront. Nous disposons de 2500 m² de stockage et il faut désormais des surfaces plus grandes, nous sommes actuellement en pleine réflexion pour de nouveaux locaux pour franchir un nouveau cap. L’investissement marketing est très important, le métier est basé sur une quantité phénoménale de données, c’est pourquoi nous avons développé des calculateurs qui nous font remonter ces informations en temps réel.

Une qualité de service, des partenariats forts avec nos marques et une gestion chirurgicale nous permettent aujourd’hui d’être parmi les tous premiers spécialistes de l’e-commerce dans le jardin ! »

Plus d’informations sur : www.jardideco.fr  et www.piscineco.fr

Des réservations en ligne

« Le site est conçu pour vous guider durant la durée de votre réservation  » Complexe de loisirs 10 55 , Perrigny

1B1A7233 (Copier)Le complexe de loisirs 10-55 implanté à Perrigny depuis 2010 propose toute une série d’activités sur 6000m² : bowling (18 pistes), kid park, jump XL, laser game, mini-golf, Clip’n Climb salle d’escalade, ainsi qu’une brasserie et une pizzéria. Depuis septembre 2016, la révolution digitale a fait son œuvre puisqu’il est possible d’effectuer les réservations pour le laser game, le bowling, le Clip’n Club et les anniversaires des enfants directement en ligne.

Caroline Lebaillif, responsable de la communication en donne le mode d’emploi : « Notre site internet a été conçu pour simplifier au maximum le processus de réservation : en effet, en allant directement sur notre site 1055.fr, vous trouverez à la fois un onglet « réservation en ligne », et à la fois la possibilité de réserver vos séances par onglet « activité ». Le site est conçu pour vous guider durant la durée de votre réservation : sélection de la date et l’heure, nombre de joueurs, nombre de parties… Les tarifs s’affichent au réel et notre plateforme de paiement est sécurisée et très fonctionnelle. Nous sommes ravis du résultat et du succès, impulsé principalement par le succès des anniversaires en ligne. »

Ce service vient compléter notre site et n’intéresse pas que les jeunes, au contraire. On fréquente le 10-55 de 6 à… 70 ans et plus : « Même si vous n’êtes pas un pro de l’informatique vous pouvez réserver facilement et ce système fait gagner au personnel un temps précieux consacré à renseigner la clientèle ou à parler avec les gens, je crois que ce que les clients apprécient dans cette nouveauté, c’est le service et la liberté. »

Plus d’informations sur : 1055.fr

Une révolution qui va toucher tous les secteurs !

« Certaines marques font déjà de la réalité augmentée » Christophe Thiébaud, 8-48, Lons le Saunier

8-48« 8-48 est une marque que j’ai créée pour répondre à des projets de particuliers, de cabinets d’architectes et de bureaux d’études. Elle repose sur trois piliers : les luminaires, le design et le digital, ce qui permet de répondre à l’ensemble des exigences dans un projet, qu’il s’agisse d’une maison, d’un appartement, d’un commerce… Le luminaire permet de jouer sur la variation des ambiances chaudes ou froides, des designers travaillent les objets de décoration et le digital permet de gérer un ensemble de choses à partir d’une tablette. Par exemple, nous avons des tables digitales de salon qui gèrent l’ensemble de la domotique d’une maison avec accès à skype, à internet, etc. L’ampoule connectée permet, elle, de projeter sur un mur, un sol ou un plafond des images, des films… De même que le miroir connecté.

Le digital, c’est le retour au commerce de proximité, il va permettre d’exposer des produits dans de petites surfaces, il n’y aura pas de stock, on va commander en direct les produits et les choses bougent très vite : on peut déjà, sur un plan de maison, faire une simulation de luminaires et certaines marques font déjà de la réalité augmentée (projection d’objets virtuels sur des surfaces à partir d’une tablette). C’est une révolution, la digitalisation me permet aussi de gagner en efficacité dans l’organisation de mon entreprise avec un logiciel de gestion commerciale en relation avec mon stock, le suivi de ma clientèle ou mon catalogue numérisé. C’est une organisation globale qui va toucher tous les commerces. »

Plus d’informations sur leur page Facebook : 8-48

Comment franchir le cap ?

« Une véritable opportunité à saisir ! » Jean-Baptiste Monnier, consultant, Jurasyn, Lons le Saunier

Photo_Jb_NoeudBlanc« L’axe numérique est un sujet central pour les entreprises, la marge de progression est importante et il y a une véritable opportunité à saisir. La maîtrise des technologies de l’information permet d’apporter une véritable valeur ajoutée à l’entreprise. Cela est d’autant plus sensible dans un département comme le Jura où l’industrie est très développée. Une industrie doit pouvoir avoir une idée très précise de ses coûts de revient, de la qualité, fournir aux commerciaux des outils simples pour leur faciliter la négociation. Chaque entreprise, quelle que soit sa taille, peut entrer dans une démarche qui permet de donner du sens aux données, mais peu sont dans cette dynamique. Beaucoup de facteurs peuvent l’expliquer (expériences douloureuses, coût, ressources internes ou externes, perte d’indépendance, offre pléthorique de solutions…).

Plus surprenants, les obstacles viennent parfois des services informatiques. Les petites entreprises passent généralement par un prestataire qui gère l’ensemble de l’informatique avec un résultat bon dans le cœur de métier du prestataire et moins bon dans le reste. Les entreprises plus grosses buttent sur la toute-puissance des services informatiques. Les contraintes informatiques priment sur le besoin métier. On découvre dans ces entreprises le système d’information « officiel »…  et le système « officieux ». Le bon DSI est avant tout un manager. »

Quelques conseils pour bien réussir sa « digitalisation » :

  • Vouloir entrer dans cette démarche d’amélioration continue.
  • Le projet doit être porté en interne par au moins une personne.
  • Le porteur du projet doit avoir une bonne vision de tous les flux internes et doit pouvoir trouver l’information. C’est un manager, il devra être pilote du changement et à l’écoute des besoins des utilisateurs.
  • Ne pas céder aux sirènes de la solution « prête à l’emploi », à l’effet wahoo. Un logiciel peut être très bon, il est inutile s’il n’est pas piloté. Une étude de Gartner montrait que 70% des projets informatiques (le taux passait à 80% pour les projets d’informatique décisionnelle) étaient des échecs.
  • Si un salarié ou un prestataire vous donne les moyens de faire sans lui, vous pouvez avoir confiance, sinon fuyez.
  • Procéder par phases. Il est ainsi illusoire d’analyser les données si elles ne sont pas structurées. Un ERP, ne peut pas fonctionner si votre infrastructure n’est pas stable. C’est un peu comme la pyramide de Maslows. On ne peut satisfaire les besoins supérieurs que si les besoins inférieurs sont satisfaits.
  • Faire des formations courtes et ciblées sur les besoins concrets.
  • Appliquer les règles de bon sens et accepter de ne pas tout connaître et avancer. « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. » Michel Audiard.

Plus d’informations sur : jurasyn.net

Logo_Jurasyn_2014_l300